Il fallait absolument que je sorte dehors. Il a plu pendant que je parlait à Bill. Tant mieux, l'air doit être pur à présent.
Gus, Georg et Tom sortaient de la cafétéria pendant que je me dirigeais dehors.
Tom : hey ! Ingrid ! attends !
Je l'ignore et sors de l'hôtel. La seule chose qui peut m'extirper ces pensées et visions horribles du cerveau est de marcher. Je ne veux pas que mon amie subisse la même chose que moi. C'est trop moche pour elle... Rouan... sort de mes pensées ! sort ! sort !
Je commence à marcher très vite, je bouscule un passant, deux, trois... j'ai mal au tibias, je ralentis.
Jeune homme : nostalgie, nostalgie...
Je me retourne vers la voix. Un jeune homme blond très bien bronzé, était assis sur un banc à l'arrêt de bus. Je m'assois à côté de lui et lui prends la cigarette non-allumée de sa bouche pour la fourrer dans la mienne. Dommage que c'est moue, j'aurais voulu mordre dedans.
Ingrid : [me retournant vers lui] le mal du pays ?
Jeune homme : cool, une française. Je parlais de toi en disant nostalgie...
Ingrid : [fixant le bar en face de nous et souriant tristement] j'ai l'air si malheureuse que ça ?
Jeune homme : je sais pas, disons que j'arrive à voir dans le plus profond de chez les gens !
Silence.
Ingrid : c'est le copain à ma pote qui a...
Il m'arrêta net d'un geste de la main.
Jeune homme : écoute sister, c'est pas que je m'ennuie, mais je suis là depuis 3 heures entrain d'attendre mon fichu bus. Pendant ces 3 heures, j'ai galéré à écouter des vieilles espagnoles qui m'ont parlé de leurs soucis, leur blabla quotidien, quoi ! donc si tu peux avoir pitié d'un mec qui a la tête grosse comme celle d'un hippopotame...
Je me tu et fixai le sol. Ça fait du bien d'écouter la rumeur de la ville. Même si le bruit et l'odeur des pots d'échappements ne me plait pas...
Jeune homme : eh, sister, tu sais, la vie est comme une roue d'une fête foraine. Y a des clous par-ci, des vices par-là. Elle emporte à bord des passagers tristes, nostalgiques, d'autres joyeux. Ces passagers feront un petit tour, puis ils partiront. C'est au propriétaire de rendre aux passagers de sa roue la joie de vivre.
Le bus arriva, le jeune homme marmonna un « pas trop tôt » puis s'y dirigea. Aux portes, il s'arrêta et se tourna vers moi.
Jeune homme : la prochaine fois que tu viens ici, je voudrais que tu me dise : « yo mec, ma vie est belle comme une fleur au milieu d'un champ de blé au coucher de soleil ».
Il entra à bord et à travers les vitres, il m'adressa un clin d'½il. Je lui souris et me lève.
Ma roue à moi, elle vient d'emporter à bord un passager très mélancolique, et je compte bien le faire sourire.
Tom :
Je sors de la chambre de Gustav vers ma chambre pour y voir si Ingrid n'y a pas laisser son portable. Je l'ai appelée 10 000 fois et ça ne répond pas !
J'introduis la clef pour ouvrir, mais c'est ouvert. J'entre, il y a Ingrid sous les couettes du lit. Je savais que ce n'était pas elle en bas, autrement, elle m'aurait répondu ! Je me dirige vers le lit et la chatouille. Une tête jaillit... Thalie ?! elle me regarde méchamment. Je me mets sur le fauteuil d'à côté.
Tom : ça va Thalie ?
Pas de réponse. Elle me foudroie du regard puis met sa tête entre ses genoux pour fixer un point mort dans le vide. Je prend mon portable et téléphone à Bill.
Bill :
... je décroche.
Tom : Bill, viens chercher ta copine. Elle est sur mon lit et pas dans son assiette, d'après ce que je vois.
Bill : ok, j'arrive.
Il est temps d'aller expliquer. Je descends du toit et me dirige vers la chambre de Tom.
Je frappe à la porte puis entre. Tom est entrain de regarder ses doigts, Thalie est recroquevillée sur elle-même...
Je m'assois à côté d'elle et lui prends sa main. Elle la reprend tout de suite sans m'accorder un seul regard. Je lui prends son visage et plante ses yeux dans les siens.
Bill : bon, écoute...
Tom : [se levant du fauteuil] je crois que je vais vous laisser...
Bill : non Tom, assis-toi.
Il s'exécute et je replonge mon regard dans les yeux de Thalie. Ingrid entre à son tour dans la chambre, elle comprend tout et s'assit par terre en croisant les jambes avec Tom la toisant du regard. Tout le monde attend mon explication.
Bill : nous recevons toujours des lettres de nos fans. Le jour où on devait répondre à quelques unes, je suis tombée sur celle d'une certaine Hanna. Une fille âgée de 17 ans, elle était à l'hôpital depuis 3 ans, elle avait le cancer des poumons.
Son rêve, était d'assister à l'un de nos concerts, mais c'était impossible pour elle, elle devait se déplacer sur un fauteuil, avec l'appareil qui lui permet de respirer.
On est allé la voir, on lui a chanté une ballade, elle m'avait dit qu'elle était tombée amoureuse de moi. J'ai joué la comédie, autrement, elle serait morte sur place. Elle était très sensible avec des crises, chaque fois qu'elle va pas bien.
C'était avant que je te rencontre, Thalie. Quand on est revenu, j'ai reçu la lettre que tu as lu, et après quelques semaines, une autre lettre qui annonçait sa mort...
Thalie : oh... Bill...
Des larmes jaillirent sur ses joues roses-saumon.
Bill : j'ai gardé cette lettre pour m'encourager. Ça fait plaisir de savoir que de simples instruments peuvent rendre service à des gens en si grand besoin ! je l'ai gardé pour m'encourager et pas baisser les bras au premier obstacle.
Je t'aime, Thalie, jamais de la vie je pourrai te tromper.
Je ne savais quoi faire. Thalie non plus. Ils étaient tous là à continuer à me regarder, quand Thalie me sauta dessus pour m'embrasser.
Thalie : je suis la fille la plus conne sur terre !
Je lui sourit pendant qu'elle se met à cheval sur moi.
Tom : [se levant de sa place] eh, oh ! on fait pas ça dans ma chambre.
Je prends Thalie dans mes bras et me dirige vers notre chambre.
Tom :
Tom : [en face de Ingrid] dis donc toi, pourquoi tu m'a évité ce matin ?
Elle me pris dans ses bras puis m'embrassa.
Ingrid : parfois, on a besoin de solitude pour réfléchir.
Tom : et là, t'en as besoin ?
Ingrid : là, j'ai besoin de toi.